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Die Bilder von Katharina Schärer bestechen im souveränen Umgang mit der Farbe. Sie leben im Wechsel von Verdichtung und Auflösung, von Überlagerung und Durchlässigkeit. Immer lässt K.S. dem Betrachter Raum für Fantasie und Interpretation... M.H.-G. - O - Ce qui frappe le regard quand on observe les créations plastiques de Katharina Schärer, c’est la rigueur, la précision et la netteté de ses oeuvres. Que ce soit ses peintures ou que ce soit ses bottes de bois peint, le spectateur n’a qu’un seul recours pour appréhender ce qu’il a devant les yeux : l’évidence. Aucune possibilité de faire appel au lyrisme, à la subjectivité, à l’interprétation, au symbolisme. Si comme le dit Marcel Duchamp c’est le spectateur qui fait l’œuvre, dans le cas présent, il ne peut le faire qu’avec ce qui est en jeu pour Katharina Schärer : la peinture. Elle domine la création ; elle n’est présente que pour elle-même et joue avec ses possibles : vibrations, saturations, contrastes, tensions, etc. Si Katharina Schärer se défend de faire une peinture empreinte de référence, elle a cependant intégré dans son art, certains procédés mis à jour par les peintres américains des années 40, et notamment le procédé du «all-over» qui marque la fin de la géographie du tableau : l’œil peut ainsi se promener librement sur toute la surface de l’œuvre. Il en résulte un effet de fascination qui peut si le spectateur prolonge l’observation jusqu’à l’entêtement, se transformer en une sorte d’hypnose colorée ; le spectateur est alors absorbé par le jeu subtil d’alternance construit par un étagement rigoureux des surfaces de couleur. Ces constructions ne sont pas sans faire penser à celles des portées musicales ; aussi, Katharina nous transporte d’œuvre en œuvre au moyen, à chaque fois, de mélodie et de timbre spécifique. Si l’évidence est ce qui caractérise les créations de Katharina Schärer, on remarquera que les matériaux utilisés relèvent le plus souvent de monde industriel. Si comme beaucoup d’artistes de son époque, Katharina recycle les matériaux qui lui tombent sous la main, il n’y a chez elles aucun discours politique ou écologique. Katharina est dans l’urgence du faire et cela génère chez elle, une exacerbation de la production. L’artiste est perpétuellement « ici et maintenant » et ne se soucie pas de la conservation et de la durabilité de ses propositions plastiques ; ce qui importe, ce qui fait sens, c’est le partage du plaisir esthétique ! Toulon, le 20/10/2008 Jean-Noël Laszlo
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